Vevey (Svizzera) 28 marzo 2003:
Iniziativa dei contadini Cpe alla sede della Nestlé a cui ha partecipato anche il Foro Contadino - Altragricoltura

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Dal quotidiano "24 Heures" di Ginevra
Le Robin des Champs à l’assaut de Nestlé

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José Bové, le leader français de la Confédération paysanne, est parvenu hier à forcer les portes d’une multinationale en état de siège. 

Les membres du syndicat suisse Uniterre, avec à leur tête Fernand Cuche, sont venus apporter leur soutien à l’action menée contre Nestlé. / Reuters 
Il comptait sur l’effet de surprise pour s’introduire en tapinois dans l’imposant bâtiment qui abrite le centre administratif Nestlé, à Vevey, mais José Bové a eu droit en échange à un comité d’accueil policier digne des plus belles heures de Lôzane bouge. Le porte-parole de la Confédération paysanne — c’est là son titre officiel — et ses camarades avaient pourtant déployé des trésors de discrétion pour ne pas éveiller les soupçons, franchissant sur la pointe des pieds et de façon échelonnée les différentes douanes genevoises. A midi pile, plus d’une centaine de militants déterminés, venus de plusieurs régions de France, de Belgique, d’Allemagne, d’Espagne, déboulent sur l’esplanade de la multinationale. Les camarades suisses du syndicat Uniterre n’étant attendus qu’à 14 heures, c’est à Josef Zisyadis qu’il appartient de guider la jacquerie jusqu’aux portes de verre de ce colosse architectural. C’est compter sans une flopée d’agents de la gendarmerie vaudoise, embusqués derrière les ascenseurs. Aussitôt les forces de l’ordre prennent position et bloquent les accès avec de lourdes palettes de papier amenées en toute hâte. Qu’à cela ne tienne, Bové veut voir la direction, et dare-dare.

Impatience et débordements

Pas le temps de palabrer. Les assaillants tentent en vain d’écarter les portes coulissantes, se faisant écorcher les doigts à coups de matraque télescopique. Une porte à tambour ne résistera pas à la charge d’un porteur de barre à mine, mais la brèche pratiquée se refermera promptement sous l’effet des gaz irritants généreusement offerts à tout un chacun par les grenadiers. José Bové obtiendra finalement l’autorisation de pénétrer dans le camp retranché en compagnie d’une poignée d’agriculteurs de la Coordination paysanne européenne.

Le Robin des Champs s’entretiendra alors pendant près de quarante-cinq minutes avec deux membres de la direction de Nestlé, le CEO Peter Brabeck étant absent. A huis clos, on a, semble-t-il, parlé libéralisation des marchés, cacao, lait, café, tandis que, dehors, sous le regard perplexe de cadres cravatés, les manifestants saucissonnent sans joie et lavent à grande eau leurs yeux enflammés.

A 14 h 45, Bové ressort sous les vivats et tient une conférence de presse improvisée. Oui, il a été entendu. Non, il n’a rien obtenu. Il est vrai qu’il s’agissait de discussions, pas de négociations. La tempête une fois passée, il restera sur les baies vitrées des slogans bombés en grosses lettres à la peinture verte et, dans les oreilles, cette formule de circonstance: «Du chocolat, pas des lacrymos.»

Aujourd’hui, les paysans brandiront leurs fourches à Genève, devant le siège de l’Organisation mondiale du commerce. Il paraît cette fois qu’ils y sont dûment attendus. 

EDOUARD CHOLLET
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