A l'OMC, Fischler et Lamy ont trahis les paysans européens et des pays du Sud au profit des transnationales.Signé à la va-vite en plein été dans le
dos des opinions publiques, l'accord obtenu à l'O.M.C. le 31 juillet entre les
147 pays membres est un nouveau coup dur pour les paysanneries, en Europe comme
dans les pays du Sud. Il permet aux pays du Nord de préserver leur système de
soutien interne découplé, qui contribue à ce que le revenu des paysans dont les
cultures sont subventionnées soit constitué essentiellement de paiements
publiques et non de la vente de leur production. Ce système représente d'une
part une injustice vis à vis de tous les producteurs européens des secteurs
non-soutenus (fruits et légumes, vin,…) et d'autre part vis-à-vis des paysans
des pays du Sud dont les productions sont placées en concurrence avec des
produits vendus à des prix ne correspondant pas aux coûts de production. En
outre, cet accord est un nouveau pas vers le démantèlement des barrières
douanières, seule protection légitime, puisque accessible à tous les pays riches
comme pauvres, qui permettrait de maintenir les prix des produits agricoles et
ainsi les revenus des paysans dans le monde entier. Si celui-ci permet la
reprise des négociations du cycle de Doha, ironiquement appelé " cycle du
développement ", il fait avant tout apparaître la volonté des pays du nord de
maintenir abusivement, par le découplage des aides, le maintien des soutiens
internes et le refus de mettre en place une véritable politique de maîtrise de
l'offre, leur orientation exportatrice. Il s'agit prioritairement, pour nos
dirigeants politiques, de garantir aux transnationales agro-alimentaires un
approvisionnement à des prix indûment bas, et cela au détriment du revenu des
paysans. |